Positif

  • Qualité générale des vidéos.
  • Enregistrement en 4K/200 ips et 8K/50 ips.
  • Mode ralenti en rafale jusqu'à 800 ips (en 1080p).
  • Facilité générale d'usage et ergonomie.
  • Personnalisation assez poussée des réglages de prise de vue.
  • Double système de fixation.
  • Résistance.
  • Autonomie.
  • Commandes vocales.

Négatif

  • Stabilisation vidéo insuffisante en faible lumière dans certains cas de déplacement.
  • Absence de mémoire de stockage interne.

Note + Prix

  • Prix: ~€600

GoPro Mission 1 Pro, Photo par Moctar KANE

Selon le fabricant de caméra d’action, la nouvelle série marque un tournant avec l’intégration d’un capteur de taille 1’’. Sur le terrain, l’appareil a montré plusieurs points forts, dont certains hérités des précédents modèles, mais il reste surtout un point à améliorer.

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Dépassé depuis plusieurs années par la concurrence, notamment DJI et Insta360, GoPro a lancé ces derniers mois, en deux vagues, trois action cams d’une même série: la Mission 1, la Mission 1 Pro et la Mission 1 Pro ILS. La société fut longtemps le leader incontesté des caméras d’action, utilisées autant par les amateurs en mal de sensations fortes désireux de filmer leurs sorties outdoor que par des reporters professionnels dans divers documentaires. Et le discours marketing veut nous montrer que GoPro, avec ses trois produits, entame une étape majeure avec l’intégration d’un capteur 1’’, une taille largement supérieure à ceux des modèles précédents. Pourquoi la taille du capteur est importante? Parce qu’un capteur plus grand, c’est la possibilité d’enregistrer plus de lumière. Pratiquement, cela permet surtout de photographier et de filmer des scènes peu éclairées.

GoPro Mission 1 Pro, Photo par Moctar KANE

Autres atouts majeurs mis en avant par le fabricant, ces trois caméras Mission 1, Mission 1 Pro et Mission 1 Pro ILS sont capables aussi de filmer à de grandes cadences: à 100 ips en 4K et à 25 ips en 8K (120 ips et 30 ips dans le système vidéo américain NTSC) pour le premier modèle, à 200 ips en 4K et à 50 ips en 8K (240 ips et 60 ips en NTSC) pour les deux modèles Pro. Ces deux-là peuvent également filmer des vidéos en Open Gate en 8 K ou 4 K à 25 ips ou 30 ips. Ce mode permet au vidéaste de filmer invariablement en horizontal ou en vertical et de décider au moment du montage d’adapter le format de l’export selon le média ciblé(YouTube, Instagram, …). Le modèle ILS se distingue de l’autre Propar sa compatibilité avec les objectifs de type 4/3. Cela lui ouvre un large champ des possibles.

Un capteur 1’’: oui mais!

Avant tout, il y a un petit détail à savoir: la taille en pouce d’un capteur de smartphone ou d’appareil photo numérique ne mesure pas, dans le monde de la tech,la longueur de sa diagonale. Pour simplifier, c’est un héritage de l’époque des tubes cathodiques. En réalité, un capteur de 1’’ (soit normalement 2,54 cm) pour un smartphone ou une caméra n’a qu’une diagonale d’environ 1,6 cm! En plus de cela, sachez que tous les capteurs 1’’ n’ont pas exactement la même largeur et longueur, et que les fabricants ne communiquent pas facilement leurs dimensions exactes.

Par contre, c’est certain, la surface d’un capteur 1’’ correspond tout de même à une surface au moins double de celle de la grande majorité des capteurs de smartphones. Elle est aussi environ 40-50% supérieure à celle de la précédente caméra phare GoPro HERO13 Black (pourvue d’un capteur 1/1,9’’). Sur son site (https://gopro.com/fr/fr/shop/learn-cameras/mission-1), GoPro illustre la différence de taille avec la concurrence: 25,4% et 43,8% par rapport aux caméras DJI Osmo Action 6 (à capteur 1/1,1’’) et Insta360 Ace Pro 2 (à capteur 1/1,3’’). GoPro n’y indique pas la largeur et longueur exactes de son propre capteur, mais la différence avec le capteur de la DJI Osmo Action 6 est d’au moins de 10%, 16% ou 22% d’après nos calculs.

Mais attention, la taille du capteur n’est ni l’alpha ni l’oméga d’une image de qualité en basse lumière. Chaque capteur étant associé à un objectif, l’ouverture de ce dernier est tout aussi capitale: cette dernière détermine la quantité de lumière arrivant sur l’ensemble des pixels! Or l’ouverture des GoPro Mission 1 est de f/2,8. Pour un ultra grand angle (ici il s’agit d’une focale équivalente à 15 mm), c’est correct. Mais il y a mieux! Par exemple l’ouverture maximale de la concurrente DJI Osmo Action 6 est de f/2, soit une capacité deux fois plus grande à laisser passer la lumière! Donc, la lumière que cette caméra perd par rapport à la Mission 1 du fait de la taille de son capteur, elle la rattrape en plus grande quantité via l’ouverture de son objectif!Donc, théoriquement avoir un grand capteur, c’est bien, mais pouvoir lui associer un objectif à grande ouverture, c’est encore mieux!

Bref, ceci-dit, passons de la théorie à la pratique, en voyant ce que la Mission 1 Pro a donné sur le terrain.

Ergonomique

Leur capteur a grandi, mais pour autant le boîtier de la Mission 1 Pro n’a pas beaucoup varié en compacité et en poids. Il est quasiment aussi haut (autour de 5 cm), juste un peu plus fin (d’environ un demi-centimètre) et un peu plus long (d’environ 0,7 cm) que le boîtier de la GoPro HERO13 Black. Sur la balance, avec la batterie et le pare-soleil, la caméra pèse 211 g, un surpoids d’environ 1/4.

L’écran avant est toujours présente, comme sur les précédentes GoPro. L’écran arrière, tactile, est plus grand (2,59’’ de diagonale contre 2,27’’). Et la navigation, pour modifier les modes de prise de vue (par balayage horizontal ou pression du bouton latéral à gauche), changer les paramètres, et notamment visualiser les images prises, est restée la même: c’est simple et rapide. Les habitués de la marque apprécieront de retrouver l’efficacité de ces interfaces de commandes.

Autre avantage que garde la gamme Mission 1 par rapport aux caméras des deux principaux concurrents: le double système de fixation. Celui de GoPro avec ses tiges, et le standard 1/4’’-20 utilisé en photo et vidéo et qui permet de fixer l’appareil à divers types de supports, du trépied à la perche. Cette polyvalence est très pratique quand on utilise la GoPro pour enregistrer des images durant divers activités, par exemple la course à pied (en portant un harnais) et le vélo (avec un support).

Les deux systèmes de fixation de la GoPro Mission 1 Pro, Photo par Moctar KANE
La GoPro Mission 1 Pro sur un mini trépied et sur un adaptateur casque, Photo par Moctar KANE.

Rapide

Avec sa grande cadence de prise de vue en 4K (donc à 200 ips ou 240 ips si vous filmez dans le système NTSC), soit quand même le double ou le quadruple de ses deux concurrentes DJI Osmo Action 6 et Insta360 Ace Pro 2, le mode ralenti de la GoPro Mission 1 Pro a délivré des images assez impressionnantes! Par exemple, il a été possible durant le test d’apprécier les battements des ailes des pigeons prenant leur envol à une rythme huit fois plus lent. Léonard de Vinci aurait aimé voir cette mécanique de vol!
En passant au mode rafale qui shoote à 800 ips (ou 960 ips) durant 10 secondes, la décomposition des mouvements peut s’observer 32 fois plus lentement. Mais dans ce cas, la définition chute au niveau Full HD (1080 p) et l’angle de prise de vue s’élargit, trop d’ailleurs, se rapprochant de l’effet déformant du fisheye.

Cyclistes à Paris enregistrés en 4K à 200 ips avec la GoPro Mission 1 Pro (Vidéo Moctar KANE).

Pigeons de Paris filmés en mode rafale Full HD à 800 ips (Vidéo Moctar KANE).

Course à pied filmé en mode hyperlapse X10 en 4K avec la GoPro Mission 1 Pro (Vidéo Moctar KANE)

Instable

Il n’y avait pas de crainte quant à la qualité attendue des images reproduites par la caméra GoPro Mission 1 Pro en conditions diurnes ou du moins dans un environnement bien éclairé. Et en effet, les vidéos (4K et 8K) sont très bonnes, piquées et contrastées. Les images sont également restituées avec un aspect suffisamment naturel, sans cet effet un peu trop visible dû au traitement numérique que l’on trouve plus facilement ailleurs, par exemple chez Insta360.
Côté photo, les images reproduites (en 50 Mpix) par la Mission 1 sont satisfaisantes… si on les compare à celles prises par l’objectif ultra grand angle d’un smartphone. En termes de longueur focale (ou champ de vision), l’ultra grand angle des smartphones est l’objectif qui se rapproche le plus de l’objectif des action cams de type GoPro. Sachant que l’optique principale est en général la plus qualitative par rapport aux autres objectifs (avec souvent une ouverture d’au moins f/1,7).

Comparée à l’ultra grand angle de la nouvelle Google Pixel 11 Pro XL, la GoPro Mission 1 Pro a délivré un meilleur résultat, une photo un peu plus détaillée. L’action cam ne peut remplacer un smartphone (même de moyenne gamme) pour prendre des photos. Et même si cette GoPro permet de régler certains paramètres importants de prises de vue, par exemple la sensibilité (ISO) et la vitesse d’obturation.

Photos prises par la GoPro Mission 1 Pro (à gauche) avec son objectif à ouverture f/2,8 et le smartphone Google Pixel 11 Pro XL avec son objectif ultra grand angle d’ouverture f/1,7, Image Moctar KANE

Mais c’est surtout en situation de basse luminosité que nous attendions de pied ferme la GoPro Mission 1 Pro équipée de son capteur 1’’ et de son nouveau processeur GP3.

Nous avons fait de nombreux tests sur le terrain, notamment le soir. Aux environs du crépuscule, et au début de la nuit, nous avons essayé divers modes vidéo, dont celui conseillé par GoPro, le Mode faible luminosité.

D’un côté, il y a du bon. Vous pouvez filer à vélo, la Mission 1 Pro fixée sur un support de guidon, vos vidéos dans ces conditions de faible luminosité seront souvent satisfaisantes, voire de bonne qualité, même en 4K: la stabilisation fait alors bien son boulot.De l’autre côté, notre attente a été déçue. Marchez avec la caméra dans une rue éclairée, juste après la tombée de la nuit: les images seront marquées par de courtes vibrations, dues la cadence de vos pas. La stabilisation a du mal à faire son boulot dans ce cas.

Parcours nocturne à vélo filmé en 4K à 200 ips avec la GoPro Mission 1 Pro (Vidéo Moctar KANE)

Marche après le crépuscule dans une rue de Paris en 4K à 25 ips avec la GoPro Mission 1 Pro (Vidéo Moctar KANE)

Autonome

Ces nouvelles caméras GoPro Mission 1 fonctionnent avec la nouvelle batterie Enduro 2 (à 2150 mAh, contre 1900 mAh de l’Enduro 1 de la GoPro HERO13 Black). Évidemment, l’autonomie de la caméra va dépendre du mode d’enregistrement utilisé, notamment de la fréquence de captation des images. Voici deux exemples.

Pendant une sortie vélo, la Mission 1 Pro a fonctionné durant 1h02, enregistrant tout au long une série de séquences vidéo 4K à 200 ips de plusieurs minutes (séparées chacune de quelques secondes d’arrêt). Au total, cette heure d’enregistrement vidéo a consommé 82 % de la batterie. Ce qui donne une autonomie possible en 4K d’environ 1h15 en continu.

Lors d’une autre sortie, en courant, la caméra a fonctionné en timelapse (en hyperlapse plus exactement puisque c’était en mouvement). La Mission 1 Pro était réglée avec une vitesse X10 et en 4K. Au bout de 1h06, il lui restait 74% de batterie. Ce qui est logique, le timelapse consomme moins d’énergie car elle espace d’avantage les prises entre chaque photo.

GoPro a fait des progrès en autonomie au cours des années. Sur le terrain, vous aurez plus à vous inquiéter de la capacité de stockage de la carte micro SD que de l’autonomie de la GoPro Mission 1 Pro.

En conclusion

GoPro a attiré notre intérêt sur sa nouvelle gamme Mission 1 en agitant d’emblée la taille de son nouveau capteur. Nous nous attendions à des images de grande qualité. Ce fut le cas dans l’ensemble. La prise de vue vidéo à grande vitesse a été souvent à la hauteur. Mais reste la déception d’une stabilisation perfectible lorsque l’on bouge plus lentement, en marchant ou en courant dans des conditions de basse luminosité : le traitement numérique n’arrive pas dans ces cas à compenser les secousses provoquées par les pas. Autrement, cette caméra reste excellente dans la plupart des situations, elle est d’une ergonomie efficace, manipulable facilement, ses modes de prises peuvent être personnalisées à un niveau suffisamment élevé. Son application sur smartphone et tablette est aussi un modèle de simplicité, elle est pratique, rapatrie facilement les images vers le mobile et peut aisément piloter la caméra à distance. Conçue pour endurer des conditions moins ordinaires, par exemple des plongées jusqu’à 20 m sous l’eau, cette Mission 1 Pro reste heureusement une GoPro, ancrée sur l’action, et avec un surplus de qualité de prise de vue pour des vidéastes devenus plus exigeants qu’avant. Un produit presque sans faute. Pour les vidéastes qui pourront se l’offrir.

PS: que les pigeons de Paris nous excusent du dérangement!

Les accessoires de base fournis avec la GoPro Mission 1 Pro, Photo par Moctar KANE

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